Casaert - Senechal






Casaert Pigeons
Sébastien Casaert
Rue des Marais 72
7750 Russeignies

Tél. : +32 69 55 69 09
GSM : +32 496 12 04 46

Casaert Hugo

Hugo, c'est un beau prénom pour jouer à pigeons nous confiait Hugo Batenburg en faisant allusion à Hugo Casaert en ce matin ensoleillé du premier dimanche d'avril à Russeignies.

Casaert n'est pas mauvais non plus lui rétorquions-nous alors, ce à quoi le grand champion Hollandais adhérait sans retenue.

Et il est vrai que l’association du prénom et du nom de deux des meilleurs colombophiles au monde pourrait faire des étincelles. Hugo Casaert va en effet voler de ses propres ailes en ayant la responsabilité d’une partie des installations, mais aussi des pigeons de son paternel et ce à l’aube de ses dix-huit printemps.


Il y a quelques années, alors que nous rendions visite au tandem Casaert-Senechal, nous étions impressionné par ce petit bonhomme alors âgé d’une dizaine d’années et qui grimpait littéralement aux casiers afin de se saisir de l’un ou l’autre des champions de la colonie pour nous les présenter. Il les connaissait sur le bout des doigts et les manipulait comme un véritable professionnel. Sur son ordinateur, il scrutait la ligne de vol et faisait des supputations quant au déroulement de l’épreuve à laquelle la colonie avait participé. A peine les oiseaux rentrés, il avait convaincu son père d’aller le conduire chez Joost de Smeyter pour assister à la rentrée d’un concours international. Bref, sa vie tournait autour du pigeon voyageur, à la plus grande joie de sa famille. Les études se déroulaient à merveille, tout roulait pour Hugo.

Les perspectives allaient toutefois s’assombrir et de gros et vilains nuages vinrent alors planer sur l’ensemble de la famille Casaert. Une maladie incurable rongeait le patriarche Maurice et finit par l’emporter en mai, il y a bientôt trois ans. Quelques semaines auparavant, c’est Hugo chez qui une tumeur au cerveau était découverte. On n’ose imaginer le terrible calvaire imposé alors à l’une des plus célèbres familles de colombophiles au monde. Porter son paternel en terre et dans le même temps se battre pour la survie de son fils. On ne peut proposer plus horrible challenge que celui auquel devait faire face Sébastien.

Et, courageusement, ce dernier montra une volonté exemplaire, entraînant son fils dans son sillage. De lourdes opérations furent nécessaires et une longue période de soins suivit. Sébastien, aidé de toute sa famille, connut là la période la plus sombre de son existence. Toutefois, il fit preuve d’un courage extraordinaire et passa sa rage sur le jeu de pigeons. Au lieu de sombrer, il avait choisi de se battre et toute la hargne qu’il dépensait à la survie de son fils, il la transposait dans la colombophilie en connaissant probablement les deux plus belles années de sa carrière sportive.

De longs mois furent nécessaires pour venir à bout de cette saloperie de maladie et cette dernière n’avait pas quitté Hugo sans lui laisser quelques séquelles. Durant plus d’un an il n’avait plus eu accès aux colombiers. Après la maladie, il fallut faire face à des problèmes de mémoire et ainsi intégrer un centre spécialisé dans le recouvrement de cette dernière. Bon élève, il fallait également revoir les perspectives d’avenir à ce niveau-là. Une scolarité à temps plein n’est pas envisageable pour le moment et il faudra attendre que le temps fasse son œuvre.

C’est donc vers un CEFA en petit élevage que fut dirigé Hugo. Comme il avait marqué un vif intérêt pour la colonie paternelle, une autre idée germa dans la tête de Sébastien.


Par le passé, déjà, son ami Joost lui avait conseillé de construire un mur dans son jardin et de confier une partie de sa colonie à son fils et c’est en quelque sorte ce que fit Sébastien en ce début de saison 2016. Certes, aucun mur ne fut érigé dans sa magnifique propriété, mais la colonie fut purement et simplement scindée en deux parties. Sébastien continuera de jouer sous le nom de Casaert-Senechal le grand demi-fond et Hugo Casaert tentera de porter bien haut son nom de famille dans le contexte des nationaux de fond et des internationaux.


Non seulement Sébastien donne des responsabilités à son fils, mais cela lui permet de ne pas mélanger les deux disciplines auxquelles on participera désormais à Russeignies. Avec les quelques achats de pigeons vedettes au grand fond durant l’hiver, l’apport de sujets de Joost de Smeyter et le renfort d’une cinquantaine d’oiseaux de chez Hugo Batenburg, on peut écrire sans hésiter que les affaires partent d’un bon pied pour Hugo Casaert. Chacun possède sa licence et les deux colonies sont bien distinctes.

Cette façon de procéder tracera de la sorte une frontière fictive entre les deux colonies et Hugo pourra ainsi réaliser le rêve qu’il faisait étant petit.

Une inévitable émulation sera de mise entre père et fils et il est certain pour ce dernier que lors des épreuves préparatoires où seront engagés ses protégés en vue de participer aux plus longues étapes ce sera l’occasion de damer le pion à son adversaire de père.

Hugo sera donc à la tête d’une colonie de 48 veufs, avec une majorité de yearlings. Deux pigeonniers de jeunes seront également sa propriété et dans lesquels on retrouvera notamment des jeunes de «Invictus», as-pigeon européen de grand fond, croisé avec le meilleur matériel de Joost de Smeyter, mais aussi des Batenburg et les descendants des grands vainqueurs internationaux. Le programme des concours ne sera pas le même et la manière de soigner non plus. Cela permettra surtout de ne pas imposer les mêmes conditions aux voiliers de grand fond qu’aux autres lignées hébergées à Russeignies. Tout est bien en place et Hugo prendra petit à petit la mesure, tout en sachant qu’il débute avec une majorité de jeunes oiseaux qu’il convient de laisser mûrir.

La troisième génération des Casaert est en route et Hugo est fin prêt pour montrer qu’il est un digne successeur de ses célèbres prédécesseurs.

Bon vent Hugo, que le succès soit au rendez-vous et, surtout, que ta santé continue à s’améliorer.